mot de la zone : ville

Sortie de route

 

© Frédéric Malenfer pour Périph'strip (Urbain, trop urbain 2014)

© Frédéric Malenfer pour Périph’strip (Urbain, trop urbain 2014)

La nuit tourne jusqu’au matin. Les tendons tirent de côté, la cage se soulève. Le crâne depuis les cervicales retrouve l’appui-tête. Accueil de l’occiput. Le long du cou, les muscles cherchent leur place. Un goût de tabac froid. A toute bande blanche, les synapses se connectent. Bourdonnement aux tympans. Les pupilles entre les paupières remuent. Les pommettes remontent, les ailes du nez se froissent. Les images parmi les cils se brisent sur le paysage. Le dos s’étire dans la mousse écrasée. Le pommeau du levier dans la main droite. Des flux circulent entre les omoplates. Mouvement. Coude contre portière, torse à la ceinture. Front vers le volant, les jambes s’y cognent. Arrêt. Sous les cheveux ça grésille. Le bras droit lourd, les doigts gourds. Le torse vrille.

 

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L’automne

 

© Frédéric Malenfer pour Périph’strip, Urbain, trop urbain 2014.

 

Aujourd’hui c’est l’automne et il pleut
Il y a des chiens en laisse
chiens mouillés tirant des promeneurs humides le long du parcours de santé

L’un puis l’autre puis l’autre encore vous vous étirez parmi les graminées
longue file égrainée des jours raccourcis

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Effets de Pierre Ménard à Buenos Aires (témoignage)

 

Je sais qu’il est très facile de récuser ma pauvre autorité. J’espère pourtant qu’on ne m’interdira pas de citer deux hauts témoignages. La baronne de Bacourt (au cours des vendredis inoubliables de qui j’eus l’honneur de connaitre le regretté poète) a bien voulu approuver les lignes qui suivent. La comtesse de Bagnoregio, un des esprits les plus fins de la principauté de Monaco (et maintenant de Pittsburg, de Pennsylvanie, depuis son récent mariage avec le philanthrope international Simon Krautzch) si calomnié, hélas, par les victimes de ses manœuvres désintéressées, a sacrifié « à la véracité et à la mort » (ce sont ses propres termes) la réserve princière qui la caractérise, et, dans une lettre ouverte publiée par la revue Luxe, m’accorde également son approbation. Ces titres de noblesses, je pense, ne sont pas insuffisants.

J’ajoute à cela pourtant que depuis bien avant ma naissance et au plus proche d’elle aussi, et par quelque orbe qu’on la considère, on y trouvera les raisons qui font qu’aujourd’hui je mène l’enquête qui me préoccupe sous l’égide de la Croix du Sud (la constellation que l’on peut observer à l’orée du firmament depuis Buenos Aires, et encore, seulement à partir de 3h de la nuit, et non la revue littéraire qui fit connaitre l’inventeur de Pierre Ménard à la sphère parisienne au début du siècle précédent, encore que l’une n’empêche pas l’autre). L’allusion à mainte chèvre trouvera peut-être ici sa résolution, souhaitons que cette affaire s’achève en miel et lait d’Amalthée, comme elle a dû certainement commencer, ou en dulce de leche pour le moins.
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© zone claire 2015