Claire Dutrait mène une pratique d’écriture individuelle à découvrir ici-même ou collective, dans le cadre de Urbain, trop urbain, plateforme éditoriale qu’elle co-fonde en 2010 avec Matthieu Duperrex, et dont elle formalise les pratiques d’écriture numérique à l’occasion du numéro « Textualités numériques » de la revue ItinérairesLittérature, textes, cultures, Paris 13, en 2014.

 

En lien avec l’espace urbain, et plus largement, avec la sensibilité que nous impose le nouvel état de la planète qu’on appelle l’anthropocène, elle tient une chronique hebdomadaire de 2010 à 2012, crée des poèmes et des légendes sur Instagram à 2 ou 4 doigts (ici ou  par exemple, ou plus au sud aussi), échange des textes avec des écrivains, des photographes et des réalisateurs… à lire ici par exemple. Elle coordonne les ouvrages du collectif Urbain, trop urbain et en écrit les textes narratifs et poétiques : Micromegapolis (2012) et Périphérique intérieur (2014). Elle travaille aussi en étroite collaboration avec des chercheurs (en géographie, anthropologie, sciences et vie de la Terre) à la traduction littéraire et artistique de leurs travaux et de leurs activités scientifiques, pour le Shanghai nø city guide, Micromegapolis, et, courant 2015, pour une exposition en préparation au MuCem à Marseille sur l’économie des déchets en Méditerranée.

 

À l’été 2015, elle participe à l’atelier d’écriture en ligne proposé par François Bon sur Tiers-Livre : « en quête du fantastique » pour affûter son regard sur le surgissement de Gaïa in Nola, le projet mené actuellement par Urbain, trop urbain. Elle obtient en 2016 la première bourse d’écriture numérique du CRL Midi-Pyrénées pour « Eurydice aujourd’hui », dont les premiers écrits sont à lire ici : projet d’un récit en boucles rétroactives explorant le mythe d’Orphée qui ferait place à la voix de l’épousée devenue épousante : voix de l’eau, de la terre, des sols et des flammes, aujourd’hui.

 

Des performances poétiques viennent prolonger l’écriture de Claire Dutrait :  elle y dit des textes (ceux-là par exemple) dans des paysages numériques (« Un trip para-numérique » pour les Empreintes numériques au Centre culturel Bellegarde, 2014), sonores et picturaux créés par Jean-Yves Bonzon à la guitare et Frédéric Malenfer à la peinture : au PUL en 2013, à Bakélite en 2013, aux Jacobins (« Eppur si muove ») et à l’Espace Bonnefoy pour « Les légendes périphériques » en 2014, au Lieu commun (« Gaïa in Nola ») et à la Maison du vélo (« Orphée en ses paysages pétrochimiques ») en 2015. Et bientôt à la médiathèque de Port-de-Bouc avec des films tournés en pellicule en partenariat avec le collectif Film Flamme (Marseille)  pour une restitution de résidence d’écriture au Centre des arts Fernand Léger.

 

Elle chante aussi depuis 2005 dans l’Ensemble vocal et instrumental « À bout de souffle » dirigé par Stéphane Delincak, et rédige les textes accompagnant chacune des créations. Cette double expérience, d’écriture sur la musique, et d’interprétation musicale et scénique, participe à nourrir ses pratiques d’écriture et de mise en voix. Autre chantier en cours : ici.

© zone claire 2015