tout ça qui

 

Tout ça qui surgit et qui engloutit, tout ça qui prend au ventre, le bas-ventre avec le haut des cuisses, tout ça qui empoigne l’estomac, tout ça qui compresse la glotte, tout ça qui saisit aux chevilles, et cloue chacun au sommet de ses pommettes saillies. Tous ces coups qui ne portent pas, toutes ces voix qui ne sortent pas. Tout ça qu’Orphée lorsque le retour ne vient pas. Oui. Mais aujourd’hui. Ma peau mêlée sur la vitre du métro, et mes os contre le hublot qui frappe la montagne. Les cellules abstraites aux regards multipliés dans les déserts de passage. Tous ces déserts qui migrent, et le cœur qui ne suit pas. L’eau qui court dans tous ces tuyaux que je ne connais pas. Les graines qui s’éparpillent et qui ne repoussent pas. La terre prise deux fois. La terre prise trois fois. La terre prise par tous à la fois. Monstres digues. Sirènes offshores. Ouragans industriels et souffles mortels. L’air que j’inspire, et j’expire. La brise fine et les particules mobiles. Le monde qui bascule au manège du grand vide. La peur qui sourd et colle et m’habille de voiles qui volent au vent pourri. La peur qui pave et s’étale dans les champs d’épandages sous chacun de mes pas. La peur que j’avale et la peur que je crache. La peur qui brule mais qui ne consume pas la peur qui brule mais qui ne consume pas

 

Texte prenant place dans le Tiers livre de François Bon, à l’occasion de l’atelier d’été, 1 | les peurs.

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